Le prénom « David » vient de l'hébreu « daoud » qui signifie « aimé de Dieu ». Ça commence fort ! Les « David » sont volontaires, courageux, casse-coups, généreux, endurants, virils, gais, enjoués, boute-en-train, bavards, francs, honnêtes, directs mais ils manquent cruellement de diplomatie. Il n'y a pas que des imbécillités sur Internet... Autant vous mettre dans le bain tout de suite, si vous en avez un dans vos relations, vous ne manquerez pas de lui souhaiter sa fête les 24 janvier, 26 janvier, 1er février, 1er mars, 18 mai, 26 juin, 15 juillet, 27 août, 2 octobre, 1er novembre, 11 décembre, 23 décembre et 29 décembre. Bon courage... Allez ! Quand faut y aller ! Faut y aller ! Je me lance...
Le premier Saint David de la panoplie est le deuxième roi d'Israël et il est l'un des plus grands prophètes de 1015 à 976 avant J-C. Jeunot, il est berger et tue avec sa fronde le géant Goliath. Il a pas froid aux yeux, l'gars ! Lorsqu'il est sacré roi, il prend Jérusalem comme capitale. C'est un poète et, encore aujourd'hui, les Juifs et les Chrétiens récitent ses psaumes. Après sa mort, son peuple espère que l'un de ses descendants sera le Messie. Ils ne sont pas les seuls et même que, certain l'attende toujours... Il est fêté le 29 décembre.
Ensuite, nous avons Saint David de Thessalonique. Il est originaire de Mésopotamie. Depuis plus de soixante ans, il vit en ermite dans une petite cabane qu'il s'est bâtie près de sa ville natale. Une nuit, des soldats qui montent la garde sur les remparts de la cité, aperçoivent une flamme jaillir de la baraque de Saint David. Ils s'apitoient sur le sort du pauvre ermite qu'ils croient brûlé vif. Mais le matin, ils sont babas d'étonnement de constater que la cahute et le bonhomme sont toujours là. Ce phénomène se reproduit à plusieurs reprises et devient l'attraction nocturne du coin. Ce truc bizarre est le signe des faveurs que Dieu accord à l'ermite. La flamme du buisson ardent avait totalement envahit le c½ur du vieillard et elle débordait à l'extérieur. Peu de temps avant sa mort, Saint David, devenu une star malgré lui, est envoyé en tant qu'ambassadeur de sa ville auprès de l'empereur Justinien. Tout de même à son âge, ils auraient pu lui fiche la paix et envoyer quelqu'un d'autre... Il meurt en 540 et il est fêté le 26 juin.
Puis, nous avons Saint Divy (ou Saint David, ou Dewi Sant, c'est aux choix). Il est issu d'une famille princière mais il préfère vivre seul sur l'île de Wight. Malgré les réticences de son chef de région, il quitte sa retraite parce que Dieu l'appelle en Irlande. C'est une très bonne raison pour partir là-bas... Il est ensuite nommé archevêque au Pays de Galles mais il reste dans son monastère et le peuple d'hommes convertis par sa prédication. Saint Divy élève ses moines à la dure. Il les oblige à travailler manuellement dans un esprit de pénitence. Les religieux ne doivent parler entre eux que si c'est nécessaire et ils sont tenus de prier mentalement pendant leur labeur. Lorsqu'ils rentrent au bercail à la fin de la journée, ils lisent, écrivent et prient pendant trois heures. Ils se nourrissent de pain d'orge, de légumes et d'un peu de sel. A ce régime-là, le cholestérol ne doit pas être un souci pour eux. Ils boivent exclusivement du lait coupé d'eau et ils s'habillent avec des peaux de bêtes. Comme il y a des masos partout, les novices affluent des quatre coins du pays. Vers 601 avant de mourir, Saint Divy dit à ses moines : « N'oubliez pas le peu de choses que je vous ai apprises et surtout restez toujours gais. » Vu la vie qu'ils mènent, il y a en effet de quoi rester joyeux... Il est le principal saint patron du Pays de Galles et il est fêté le 1er mars depuis 1120. Ses symboles sont le poireau et la jonquille. Quel casse-croûte !!!
Pour continuer, nous avons Saint David de Géorgie. Lui et son frère, Saint Tatchan, sont martyrisés en 693 par le prince perse Abdoul parce qu'ils ne veulent pas renoncer au Christ. Il y a vraiment de ces têtes de mulet !!! A Tbilissi, leur chapelle est un lieu de pèlerinage et celui-ci ne s'est jamais interrompu même lors de la domination soviétique. Ils sont fêtés le 18 mai.
Tout de suite après, nous avons Saint David d'Arménie. Il est le fils d'un perse et d'une arménienne de religion musulmane. Toute la petite famille demeure en Perse Centrale. Comme il veut sortir de son trou, Saint David s'engage dans l'armée perse et il est envoyé faire campagne dans le pays d'origine de sa mère. Là-bas, il retrouve ses racines et prend la décision de se convertir au christianisme avec l'accord du gouverneur. Il vit ainsi tranquillos jusqu'à l'âge de soixante ans mais, en 693, arrive un nouveau gouverneur fanatiquement hostile aux chrétiens. Il somme Saint David de reviendre à l'Islam. Face au refus de ce dernier, il se fâche tout rouge et le fait crucifier à Dwin en Arménie en 694. Le priver de dessert aurait peut-être suffit, non ? Saint David d'Arménie est fêté les 24 janvier en Occident et 23 décembre en Orient.
Poursuivons avec un Saint David mort en 740. Lui et Saint Constantin (je n'invente rien...) sont rois de la Géorgie Intérieure. Ils sont tous les deux célébrés à Tbilissi où se trouvent leurs reliques. Ce Saint David est fêté le 2 octobre.
On y croit et on continue avec Saint David de Troade. Eh non !!! C'est loin d'être fini !!! Lui et ses frères, Saint Syméon et Saint Georges de Mytilène, vivent à Troade non loin de la Mer Égée sur le mont Ida. Il y fonde un monastère où s'y retire son frère Georges pour servir Saint Syméon le Stylite. Quelle vie trépidante !!! Saint David meurt en 844 et il est fêté le 1er février.
Pour maintenir la cadence, nous poursuivons avec un Saint David d'origine anglaise. Toute sa vie, il parcourt la Suède pour y prêcher les Évangiles. Il meurt de sa belle mort en 1050. Il est fêté le 15 juillet qui est le lendemain du 14.
Après, nous avons Saint David le Bâtisseur. Il est l'un des plus grands rois d'Ibérie (Géorgie Intérieure) et d'Abkhazie. Il fait construire des monastères dans tous les coins qui deviennent à cette époque des foyers culturels importants. Saint David meurt dans l'un d'eux à Guelati en 1130. L'église latine le fête le 24 janvier et celle d'Orient le 26 janvier.
Pour varier les plaisirs, nous continuons avec un Bienheureux David d'Hemmerode. Il est originaire de Florence en Italie. En 1131, il entre au monastère de Clairvaux qui se trouve à ce moment-là sous la conduite de Saint Bernard. Le monsieur, pas le toutou... En 1134, il est envoyé en Allemagne où il fonde l'abbaye d'Hemmerode dans le diocèse de Trèves. Il meurt en 1179 et il est fêté le 11 décembre.
Nous amorçons la dernière ligne droite avec un Saint David d'Eubée. Il vécu au 16ème siècle. Il est le fils d'un prêtre pieux et vertueux de Gardinitsa sur le bord de la mer en face de l'île d'Eubée. Il suit l'exemple de ce dernier guidé par l'évêque Acace. Il est d'abord moine de la Grande-Laure à Constantinople puis il se retire sur l'île d'Euripios. Là, il en bave un petit chouia pour fonder son monastère. Il y réussit tout de même et il distribue, avec ses disciples et sans compter, ses biens aux pauvres chrétiens et musulmans sans distinction. Il est fêté le 1er novembre.
L'avant dernier de la panoplie s'appelle Saint David Henri Lewis. Ouf ! Courage ! Le bout de tunnel n'est plus loin ! Il est aussi connu sous le nom de Charles Baker. Il se convertit à la foi romane et fait ses études à Rome. Il devient Jésuite et retourne en Angleterre où, lors de la période de persécution de l'Église romaine en Grande-Bretagne, il exerce dans la clandestinité son ministère sacerdotal pendant trente et un ans au Sud du Pays de Galles. Il aurait fait mieux de rester à Rome... Il est martyrisé à Usk en 1679. Il est béatifié en 1929 et fait parti des quarante martyres d'Angleterre et du Pays de Galles qui ont été canonisés en 1970. Saint David Henri Lewis est fêté le 27 août.
En enfin, nous avons un Saint David de Kydonia. C'est un petit dernier pour la route mais, c'est un bon celui-là. Plus maso que lui, tu meurs. Il est moine sur le mont Athos. Alors qu'il se rend en Asie Mineure pour quêter pour les monastères, il est pris à partie par les Turcs. Saint David leur demande de lui faire plein de misères mais il n'est que flagellé. Il n'a vraiment pas de bol le pauvr'gars... Pas du tout content de son sort, il revient à la charge lorsqu'il apprend qu'un de ses frères moines athoniques renie sa foi. Là, il est condamné à la pendaison. Il est ainsi heureux d'expier la faute de son copain. Lorsque je vous dis que c'est un maso celui-là... Il meurt en 1813 et il est fêté le 26 juin.
Ne vous fatiguez pas à les compter, il y a quatorze Saint David en tout... Et encore, heureusement que sa Sainteté le pape Benoît XVI traîne un peu les pieds pour le canoniser parce qu'il en aurait un quinzième. Il s'appellera Saint David du Val de Marne. Si ce dernier veut que je lui écrive un jour sa biographie, il va falloir qu'il soit très convainquent et qu'il rame un max pour que je le fasse. Je ne sais pas pourquoi mais je me sens tout-à-coup épuisée d'avoir écris cet article. Heureusement pour moi que tous les « David » ne sont pas tous des saints. Dieu merci !!!
Naly de Salm