Le 6 août 1916, René Fonck, en tant que pilote d'observation aux commandes d'un Caudron G4, réussit l'exploit de forcer un avion allemand à atterrir derrière les lignes alliées. Comme il n'est pas à son coup d'essai et que c'est un bon, il est éjecté au groupe de combat 12 ou « Groupe des Cigognes », plus précisément à l'Escadrille 103. Là, ça rigole plus ! De mai 1917 à novembre 1918, il remporte 127 victoires dont 75 homologuées. Les 6 mai et 26 septembre 1918, il va même jusqu'à abattre 6 avions en une journée. Et tout ça sans être touché par le feu adverse. Sa technique de combat consiste à surprendre l'adversaire, lui porter un coup décisif au plus près et avec un minimum de munitions puis à se soustraire à la riposte. Olé !!! Une bonne hygiène de vie (Il ne fume pas, il est sobre comme un chameau et il pratique le yoga) lui permet de supporter de longs vols et de gérer facilement le stress lors des combats aériens. Il est aussi doté d'avions comme le SPAD VII, le SPAD XIII et le SPAD XII-Canon. Que du bon, quoi ! René Fonck termine la guerre avec le grade de lieutenant et il est le porte-drapeau de l'aviation lors du défilé de la victoire le 14 juillet 1919. Il est décoré de le croix de guerre 1914-1918 enrichie de 28 palmes et d'une étoile. Cette dernière est la plus « chargée » à ce jour. Il est aussi fait Commandeur de la Légion d'Honneur. Rien que ça ! Même son rival allemand, Manfred Albrecht von Richthofen (A vos souhaits !!!), alias le « Baron Rouge », en est devenu vert (prussien) de jalousie.
Après tout ça et comme il faut bien s'occupé, René Fonck se lance dans la politique. Il rejoint le parti de « l'Alliance Démocratique ». De 1919 à 1924, il est élu député des Vosges. C'est normal puisqu'il est vosgien. Entre deux roupillons à l'Assemblée Nationale, il écrit ces mémoires (« Mes combats ») et rédige un ouvrage sur l'aviation militaire et civile (« L'Aviation et la sécurité française »). Il est aussi envoyé en mission officielle en Afrique du Nord, en Amérique latine, en Europe centrale et aux États-Unis. En 1925, René Fonck rejoint un projet américain de traversée de l'Atlantique Nord (d'Ouest en Est). Il fait équipe avec l'ingénieur Igor Sikorsky (et pas Sarkozy) pour préparer et améliorer l'avion S-35 qui va servir à cette traversée. Le 21 septembre 1926, aidé de trois hommes d'équipage, il fait décoller péniblement l'appareil. Mais, un mauvais largage du train annexe, un terrain inégal et une charge exceptionnelle de carburant fait que l'avion s'écrase et que deux des compagnons de René Fonck périssent carbonisés. Un an après cette accident, Charles Lindbergh réalise l'exploit et remporte le prix Orteig de 25 000 dollars. Il en a de la chance celui-là que le René se soit planté ! En 1935, l'état-major de l'armée de l'air fait appel à René Fonck pour réaliser une étude sur l'état de l'aviation de chasse, des méthodes d'apprentissage et des améliorations qu'il faut y apporter. C'est à cette époque qu'il mets au point son concept d'« avion cavalier », aéronef rapide et bien armé, destiné à l'assaut terrestre.
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, René Fonck, alors Colonel d'aviation et ancien combattant, reste fidèle au « Vainqueur de Verdun ». Il faut dire aussi que le Maréchal Pétain, il aime bien les n'aéroplanes... Il entre donc dans le gouvernement de Vichy sans fonction officielle. Malgré cela, Pierre Laval aurait trouvé le moyen d'aller cafter aux Allemands que le René aurait rassemblé « une escadrille de 200 pilotes » toute prête à attaquer la Grande Bretagne. Mais aucune trace dans les archives allemandes ne le confirme. Après ça, il ne faut s'étonner qu'ils ne soient pas devenus amis. Malgré tout comme il a gardé des potes de l'autre côté du Rhin, il est « les yeux et les oreilles » du Maréchal Pétain. En fin de compte, il est laissé tombé par ce-dernier et il se retire petit à petit du gouvernement. En août 1942, le journal américain « Life » publie une liste de « traîtres français » à éliminer à la fin de la guerre. René Fonck y figure en compagnie de Sacha Guitry et de Maurice Chevalier ainsi que tant d'autres. En plus en 1941, il y en a qui comme ça lui reproche d'avoir préfacé le livre d'André Maroselli intitulé « La sabotage de notre aviation, cause principale de notre défaite ». René Fonck écrit dans sa préface que « Ce qui fait défaut à la France, ce ne sont pas les aviateurs intrépides et valeureux, mais le matériel moderne dont nos aviateurs avaient besoin pour lutter et pour vaincre. ». Forcément avec ces propos, il ne s'est pas fait que des copains. Histoire d'en rajouter une couche, René Fonck est aussi mal vu par les Allemands parce qu'il est intervenu au profit de la Résistance et qu'il est opposé à Pierre Laval. En plus claire, tout le monde lui tombe dessus. A la libération, il est arrêté et détenu à la prison de la Santé. Il est relâché en fin d'année sur l'intervention d'Edgard Pisani. Aucune charge n'est alors retenue contre lui. Le 28 septembre 1948, le Commandant Sautereau, chef du réseau de Résistance Rafale, lui signe une attestation mentionnant que « Monsieur Fonck, René, membre sans uniforme des forces françaises combattantes, a participé en territoire occupé par l'ennemi, aux glorieux combats pour la libération de la patrie. ». Dans un livre intitulé « A l'ombre des étoiles » inédit à ce jour, il rend compte de cette période.
A la libération, le Colonel René Fonck en a ras le képi et il se retire de toute vie publique. Il se consacre alors à la gestion de son entreprise vosgienne d'engrais. Malgré cette vie bien remplie, il trouve le temps de se marier avec la comédienne Irène Brillant, Sociétaire de la Comédie-Française. Ils ont deux enfants, Edmond et Anne-Marie. Il meurt à l'âge de 59 ans d'une hémorragie cérébrale à son domicile parisien le 18 juin 1953. Il est inhumé au cimetière communal de SAULCY SUR MEURTHE, son village natal, le 23 juin de la même année, en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires. L'aérodrome de REMOMEIX près de SAINT DIÉ DES VOSGES porte son nom depuis le 21 juin 2009. Je m'étonne qu'on ait pas pensé à le faire plus tôt. Enfin, c'est mon avis personnel...



